🌱 LE RECÉPAGE : UN COUP DE JEUNE POUR LA HAIE
Quelques mois après les travaux, les observations sont très encourageantes : les repousses sont vigoureuses et nombreuses, y compris sur des souches de gros diamètre.
La coupe des arbres en têtards stimule également fortement leur croissance végétative.
À retenir : une haie s’entretient dans le temps.
Le recépage intervient tous les 15 à 30 ans environ, selon les essences et la structure de la haie.
Il permet de rajeunir les arbres et arbustes et de stimuler leur reprise depuis la souche.
Cela ne remplace pas l’entretien d’emprise courant qui vise à maitriser la largeur de la haie si nécessaire.
👉 L’objectif est d’échelonner les recépages dans le temps et dans le paysage, afin de conserver une diversité d’âges et de structures dans les haies, et d’éviter des mises en lumière trop importantes simultanées des haies dans le paysage.
CONSULTEZ ET DIFFUSEZ LA PLAQUETTE "Le recépage en bref" :
♻️ LE BOIS PRODUIT : UNE RESSOURCE À VALORISER
Les deux chantiers ont permis de mesurer concrètement la productivité des haies.
≈ 16 MAP* / km / an de biomasse produite
* MAP : Mètre cube apparent plaquette = 2,6 m3 de bois plein
A Feyzin :
→ Recépage de 42 ml de haie = 20 MAP
A Quincieux :
→ Recépage et coupe en têtards sur 130 ml de haie = 40 MAP
Les coûts de production observés étaient de 21,5 à 24,2 €/MAP, dans des conditions de chantier non optimisées.
A titre de comparaison, le prix de vente de la plaquette sèche dans le commerce est estimé autour de 30 €/MAP.
🌍 La haie stocke du carbone
Pour une haie présentant cette productivité, 1 km de haie permet de capter environ 6 tonnes de carbone par an.
Cela représente, à titre d’équivalence :
🚗 ≈ 52 000 km parcourus par une petite voiture
ou encore
🌾 ≈ 400 ha labourés (sur la base de 60 L de fioul/ha)
Ces ordres de grandeur permettent de mieux mesurer la contribution des haies au stockage du carbone et aux services rendus au territoire.
🌾 VALORISATION DU BROYAT EN RETOUR AU SOL
Le broyat issu de l’entretien des haies est une matière très riche en carbone.
Avec un rapport C/N d’environ 70, l’apport de broyat équivaut à environ trois fois celui d’un résidu de paille de maïs.
Pour donner un ordre de grandeur, 25 MAP de broyat correspondent à environ 5 tonnes de paille restituées en termes de quantité de carbone.
Son intérêt est donc principalement structurant et à moyen-long terme : il contribue à augmenter la matière organique des sols et à améliorer leur structure.
⚠️ Un apport à raisonner dans la rotation
Il est préférable de l’épandre à l’automne, notamment sur un couvert de légumineuses, pour laisser plusieurs mois de dégradation avant l’implantation d’une culture exigeante en azote.
À Feyzin, les échanges ont montré qu’un kilomètre de haie présentant cette productivité pourrait fournir du broyat pour un épandage sur environ 20 à 25 ha de terres agricoles, permettant une valorisation locale de la biomasse.
🤝 ET MAINTENANT : PASSER À L’ÉCHELLE DU TERRITOIRE
Les deux visites ont confirmé l’intérêt de poursuivre les chantiers démonstrateurs et de développer progressivement une organisation collective.
Plusieurs pistes sont à explorer :
🔧 MUTUALISER LE MATÉRIEL
Réfléchir à des équipements adaptés et mutualisés en CUMA, avec des collectivités partie prenante, pour l’entretien courant et les interventions de recépage en prestation.
🌳 PLANIFIER LES INTERVENTIONS
Échelonner les recépages dans le temps pour maintenir une diversité d’âges des haies à l’échelle du paysage.
♻️ VALORISER LOCALEMENT LA BIOMASSE
Retour au sol, bois-énergie, paillage… selon les débouchés locaux et l’intérêt des agriculteurs du territoire.
CONCLUSION
🌳 UNE HAIE BIEN GÉRÉE, C’EST UNE HAIE QUI DURE
Entretenir les haies, c’est préserver un patrimoine agricole et paysager, tout en produisant une ressource valorisable pour l’exploitation et le territoire.