Pourquoi s’intéresser aux couverts en association ?
Pour la Métropole de Lyon, plus il y a de couverture des sols, mieux c’est : prévention de l’érosion des sols, stockage de carbone, stimulation de l’activité biologique, intérêt pour la biodiversité, et restitution d’azote à la culture suivante grâce aux légumineuses semées dans les couverts...
Avec la Régie Eau du Grand Lyon, une opération de soutien au développement des couverts intermédiaires en grandes cultures a déjà été initiée en 2024, et s’est poursuivie sur la campagne 2025, pour inciter à implanter des couverts efficaces pour la qualité de l’eau, et susciter de l’échange entre agriculteurs sur la pratique pour faire progresser tout le monde.
En ce qui concerne la culture de céréales ou d’oléagineux en association avec des couverts, la pratique est moins courante, bien que plusieurs agriculteurs du GEDA de l’Ozon en soient familiers.
L’objectif pour la Métropole est de soutenir le développement de cette technique, qui rend de nombreux services écosystémiques.
Lors de cette matinée, la SCEA des Bruyères nous a accueillis sur son exploitation, moitié Bio, moitié conventionnelle, où les associés expérimentent les couverts de trèfle en association.
Plusieurs intervenants participaient à cette rencontre : Chambre d’agriculture du Rhône, Terres Innovia, coopérative Oxyane, St Ex Innov.
Parcelle de colza en association avec du trèfle violet
Alexandra Denoyelle de Terres Innovia a présenté les grands points clé à retenir pour réussir la conduite du colza en association :
- Semer tôt en même temps que le colza ;
- Choix de la parcelle : éviter les parcelles à pression dicotylédones précoces, ainsi que les parcelles à reliquats azotés élevés ;
- Conserver la densité de semis habituelle ;
- Semer en 1 passage si possible, le couvert en même temps que le colza
- Bien choisir le couvert selon le type de bénéfices recherchés
Plus de précisions ici :
Un focus particulier a été fait sur les associations avec des légumineuses permanentes :
Enfin, quelques points à retenir du retour d’expériences du réseau de plateformes d’essais colzas associés réalisé en Rhône Alpes entre 2018 et 2020 :
- la biomasse en entrée hiver du colza est légèrement plus élevée par rapport à un colza seul, avec une association "lentille-trèfle violet" ou "lentille- féverole", mais inférieure avec l’association "lentille-fenugrec-trèfle d’Alexandrie"
- Dès l’instant que le couvert atteint les 200 g/m² de biomasse, le seuil maximal de 10% de plantes buissonnantes n’est jamais dépassé
- sur 3 ans, les rendements observés sur colza sont meilleurs lorsqu’il est conduit en association, de l’ordre de 3 q/ha en moyenne ; l’association avec lentille-féverole remporte la palme.
Plus de détails ici :
Les agriculteurs participants ont pu échanger sur leurs pratiques et poser leurs questions aux intervenants.
Sur l’est lyonnais, les céréaliers qui pratiquent le colza en association utilisent plutôt du trèfle violet en couvert : cela semble être une valeur sûre.
Parcelle de céréale en association
Nous nous sommes ensuite rendus sur une parcelle de triticale récolté début juillet, conduit en association avec du trèfle violet.
Du fait de contraintes mécaniques, le triticale a été récolté assez haut, donc le couvert de trèfle était très peu développé en-dessous : il était mieux développé dans les zones où les tiges de triticale étaient plus basses.
Une matinée riche en échanges, pour permettre à tous de continuer à progresser !
A venir : un appel à manifestation d’intérêt pour bénéficier de semences de couverts pour une conduite en association sur céréales bio ou colza en 2026.

